LE NOMADE EMMURÉ – LA CARAVANE D’AHLEM B.

Au loin là-bas, sur le sommet de la dune se découpent les silhouettes d’un vieux nomade et son dromadaire. Ils avancent doucement, côte à côte, comme s’ils glissaient sur le sable, en communion avec le temps, en rythme avec le silence, en harmonie avec l’espace, sur cette terre infinie et ensablée aux reflets tour à tour or et ambre.

 

Le soleil se couche, laissant derrière lui myriades de nuances pastel. Les vallons de dunes petit à petit brunissent puis s’assombrissent, avant de se fondre dans le ciel qui se teint peu à peu d’obscurité épaisse. Les étoiles pointent leurs premières lueurs.

 

Je lève les yeux. Les silhouettes ont disparu, leurs empreintes déjà effacées par ce petit vent froid qui remonte du Sahel.

 

Je retrouve le vieux nomade et son dromadaire, au creux d’une dune, au pied d’un arbre vert et sec. Il me fait un signe de la main, et m’invite à boire un verre de thé.

En dévalant la colline de sable, j’observe les deux compères, qui se parlent avec les yeux. Lorsqu’ils échangent un regard, on peut voir briller les lueurs d’une complicité tendre.

Le vieux nomade prend tout son temps. Il installe son compagnon au pied d’un arbre un peu plus loin, à l’écart, pour qu’il puisse paître à son aise, puis il revient vers moi.

 

Le dos vouté par la vieillesse, les jambes arquées par la marche, la peau desséchée par le soleil, le vieux nomade a toutefois un maintien vigoureux et noble, et il porte avec une grâce infinie un long chech blanc, soigneusement enroulé autour du crâne et du cou. Il a la peau tannée, aussi rude que le cuir, et pourtant le regard aussi doux que le miel. Le vieux nomade n’a pas d’âge, 100 ans, 120 ans? Sa figure d’éternité est parcourue de longs sillons et de profondes fêlures. Il émane de lui une bienveillance et une humilité auréolée de cette lumière qui entoure les hommes sages et les âmes libres.

 

En silence, il m’offre quelques couvertures de laines, tissées et colorées, impregnées d’une puissante odeur de bois, de feu et de froid. Il déroule un tapis, puis on s’installe.

 

Toujours sans bruit, il fait apparaître un vieux sac de riz blanc recyclé et en fait jaillir des boîtes de thé, de gros sucre et de dattes. Il en sort aussi une petite théière rouge qu’il essuie avec un chiffon roulé en boule, et 2 verres à thé, qu’il enfonce dans le sable.

 

Il me tend la boîte pleine de dattes, et m’invite à me servir.

– Bienvenue dans le Sahara. Bienvenue à toi, bienvenue à hbabna, nos frères et nos soeurs. Tiens, croque quelques dattes, ce sont les meilleures de la région. Bienvenue. Qu’elles soient accompagnées de santé, de joie, de compassion et tout ce que tu souhaites au fond de ton coeur.

 

Ses bénédictions se fondent dans le silence de cette immensité opaque, comme chuchotées à l’oreille de l’Univers.

 

Dans une méditation profonde, le vieux nomade commence le cérémonial de préparation du thé.

– Il faut de la patience et de l’humilité, pour véritablement apprécier un thé Sahraoui.

Il rassemble quelques branches et feuillages secs et, laissant tout le temps au feu de s’allumer, place quelques morceaux de charbon sur le côté.

Lorsque la branche devient tison, lorsque le charbon devient ardent, l’homme y niche alors sa théière.

 

– “C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante”*.

 

Il ajoute cela dans un souffle.

 

Il faut bien de la patience en effet, et beaucoup de tendresse, pour apprécier un thé Sahraoui. Allumer le feu, mettre le thé dans la théière, verser de l’eau, laisser bouillir, longtemps, remuer l’ensemble avec la dextérité du poignet, verser le tout dans un verre, vider le verre dans sable, ajouter de l’eau dans la théière, laisser bouillir, longtemps,  le servir, le goûter, le cracher, puis recommencer l’opération jusqu’à obtenir dans le verre cette couleur ardente et singulière sous cette écume mousseuse et crépitante. Alors seulement, le Sahraoui brise un gros sucre avec le fond de son verre, le jette dans la théière fumante qu’il remue avec son poignet.

Enfin, le vieux nomade me sert le thé dans mon verre, en levant haut la théière. Les crépitements sonnent comme des qraquech qui fendent la nuit.

– Le thé, c’est une bénédiction pour les hommes du désert, pour les Sahraoui. Le thé nous hydrate, le thé nous tient chaud, le thé nous maintient éveillés, il nous conserve robustes, il nous coupe la faim. Il nous unit et nous réunit.

Le thé, il faut l’apprécier. Nous les Sahraoui, on aime notre mode de vie et on tient à nos traditions. Moi je l’ai conservé, ce mode de vie.

Pas de téléphone, personne pour perturber ma tranquilité, pour rompre mon silence… ou parler pour ne rien dire!  Il dit ça avec un regard plein de tendre malice.

L’homme a besoin de silence, et de paix avec soi-même. A chaque moment, son moment: il y a le moment de dormir, le moment de manger, le moment de s’écouter, d’écouter de la musique, le moment pour la famille, celui pour les amis, pour la communauté… Il faut prendre soin de chaque moment et prendre soin de faire de son mieux à chacun de ses moments. Enfin, je crois. Dieu seul sait.

Dans notre Sahara, je marche avec mon dromadaire, je me réchauffe avec un feu, je mange des dattes, je bois de l’eau, du thé, et en hiver, du lait de chamelle et du riz. Me voilà heureux, avec mes proches, mes tribus frères, mes amis. Me voilà comblé par Dieu. Le Sahara, le mode de vie nomade, pour nous les Sahraoui, c’est ça la vie. C’est toute notre vie.

 

Il chante doucement, dans un murmure. Sa voix vibre comme les cordes d’un guembri, envoûtante et rassurante dans  cette immensité.

“Je renoncerai à l’argent

Je veux rester Sahraoui

Je veux être un homme libre.”

 

– Si tu veux dormir ici, tu dors ici. Tu installes ta tente, et te voilà servi. Tu as envie plus tard de te déplacer là-bas, tu te déplaces là-bas.. Tu es un homme libre, soumis à la seule force de Dieu et des éléments naturels. Ah! Celui qui connait le Sahara n’y trouvera aucune peine. Mais il faut le connaitre, le Sahara.

Dieu nous a comblés, et nous a donné tout ce sont il y avait besoin pour vivre heureux dans le Sahara; un véhicule, le dromadaire: tu peux voyager avec la nuit, le jour, sur le sable, dans l’eau, sur la pierre… Tu peux le chevaucher lorsque tu es fatigué, tu peux rester à ses côtés lorsque tu veux marcher, sa laine te tient chaud l’hiver, sa mémoire exceptionnelle te guide, son flair sait où trouver de l’eau, ses sens pressentent les dangers. Figure-toi qu’il change de direction s’il sent l’arrivée d’une tempête! Il court, il s’arrête, il s’assoit: je l’ai dressé moi-même, celui-là. Mon vieux compagnon! Ah s’il pouvait parler, il en raconterait de belles! Il a même rencontré le roi Mohamed V lors de sa visite n 1958!

 

Quand je me rappelle de mon enfance, je me dis que la vie était sans doute plus rude, mais tellement plus heureuse et simple qu’aujourd’hui. Je me souviens encore, on se réunissait tous ici, à la Porte du désert,- il m’indique du doigt un endroit à présent vide et silencieux – pour préparer ensemble le départ, en famille, avec nos vivres, nos bivouacs et nos instruments, jusqu’à Timbouctou, au Mali et nous étions heureux d’aller tous, rencontrer nos frères. On passait par l’Algérie, par la Mauritanie, le Niger, le Mali…. Nous étions tous une même famille. Nous célébrions la fin de la saison des dates et le retour des caravanes de leur long voyage dans le désert. Mais, depuis les frontières, les problèmes du Sahara, les guerres, la modernité, les enjeux économiques, les idéologies, les trafics, la vie est devenue plus difficile. Nos tribus ont été éclatées. Nos familles séparées. Nos vies arrachées. Les nomades ont été brusquement emmurés.

 

Je ne quitterai jamais le Sahara. Moi, il me suffit de mon thé, de mes dattes, de ma tente et mon dromadaire.

On est des enfants du désert, ici. Des Sahraoui. On ne peut, on ne veut pas vivre ailleurs.

Nous, ici, ne sommes gouvernés que par le Tout-Puissant. Nous sommes nés libres, et nous mourrons libres.

 

Silence.

 

– Pour célébrer un évènement, une cérémonie de naissance, ou une réconciliation entre tribus, on égorgeait des moutons. Puis, nous dansions, nous chantions, autour du thé, du feu, des mets et des rires. Les tribus jouaient au public, chacune leurs chants et leurs danses, et parfois mêlaient leurs voix et leurs instruments dans une joyeuse improvisation. Les amoureux se roulaient dans les dunes, les enfants se couraient après, les cheikhs dégustaient leur thé, les femmes tissaient ou mangeaient ou rassuraient ou riaient…

 

– On tient à nos modes de vie nomade. Mais on est un peuple qui se meurt. Nos communautés sont en train de disparaitre. Notre savoir, notre culture, nos coutumes, sont en train de nous échapper.

 

Silence.

 

Les Sahraoui se repèrent sur terre, grâce au ciel. On sait lire les étoiles: on apprend cela dès l’enfance. On reconnait l’Est, l’Ouest, le Nord, d’un coup d’oeil. Regarde, au-dessus de ta tête, tu le vois, cet immense tracé lumineux dans le ciel? on l’appelle “le fleuve d’étoiles”: il court d’Est en Ouest et nous trace la voie. Les Sahraoui se soignent avec du miel, et des plantes du Sahara. Chaque arbre ici, dans ce Sahara, a un bienfait, chaque plante est une médecine. Sauf ce type arbre, qui nous sert à allumer des feux.

Je connais le nom des arbres, un par un, des plantes, une à une, je sais reconnaître les dromadaires à leurs empreintes, leur portée à la taille de leur ventre, les enfants à la trace de leurs pas.

Nous, ici, ne sommes gouvernés que par le Tout puissant. Nous sommes nés libres, et personne ne nous dirige. Nous sommes nés libres, et nous mourrons libres.

 

Il sert le thé dans le verre et me le tend, les paroles pleines de bénédictions.

 

– Si je le pouvais, je ne partirais jamais de cet endroit. Moi, il me suffit de mon thé, de mes dattes et de mon dromadaire. De vivre ma vie libre de nomade.

On est des enfants du désert. Des Sahraoui.

 

Aujourd’hui, on a le tourisme, pour survivre. C’est tout ce qu’on a. C’est vrai, j’aime rencontrer de nouvelles gens, de nouvelles cultures, apprendre de nouvelles choses. Nous sommes tous les oeuvres de Dieu. Mais parfois, quand personne ne parle ma langue, et que je dois faire une sortie pendant plusieurs jours, je m’ennuie. J’ai la nostalgie de cette autre époque. Mes frères et soeurs d’Afrique me manquent. Ma famille nomade me manque cruellement dans ces moments. La nostalgie me prend à la gorge. Je n’ai pas revu mes frères depuis 40 ans… je n’ai plus de nouvelles d’eux, depuis qu’ils ont instauré ces frontières. Sont-ils vivants, morts, prisonniers, heureux, malheureux…? Je ne le saurai peut-être jamais. Mon ami, qui a sa tente là-bas, n’a plus de nouvelles de sa femme et de sa fille, restées de l’autre côté de la frontière: certaines personnes de coeur se mobilisent et essaient de les rechercher, et parfois nos frères d’Afrique arrivent jusqu’ici pour nous donner des nouvelles. Mais c’est devenu de plus en plus dur.

Alhamdoulillah. Le Sahara, c’est un endroit magique. Certains arrivent ici malades, et repartent là-bas guéris. C’est le repos de l’esprit ici, alors forcément la paix du corps.

Nous on ne connait que la liberté, et nos vies sont entre les mains de Dieu. Il n’y a que lui qui nous gouverne dans notre Sahara. Nous sommes nés libres et nous mourrons libres.

 

Aujourd’hui, il faut aussi inscrire les enfants à l’école, s’installer dans une maison en béton, avoir un âge légal, un passeport autorisé blablabla. Les soldats algériens nous font des misères aux frontières… blach… tant pis, je tourne en rond avec mon dromadaire, dans mon Sahara, en longeant les frontières autorisées. Je le connais sur le bout des doigts.  Je suis né dans le Sahara, et j’y mourrai. Je n’ai jamais été à l’école. Vous nous avez surpassé avec les études. C’est une chance. Il faut savoir en faire quelque chose, pour Dieu, pour la nature, pour l’humanité.

 

Silence.

 

– J’ai bu le thé avec toutes sortes de gens:  des drogués, des bandits, des soldats, des hommes bons et des méchants. Tout est bon à connaître, mais il faut savoir qui on est. Et le rester. Il y a une chose que je n’accepte pas, en revanche, une seule que je ne tolère pas: cet alcool de dattes, cette eau de vie qui détruit nos jeunes. Et ces psychotropes qui nous arrivent de la ville.

Il faut leur faire confiance aux jeunes. Mais je suis triste. L’alcool ravage nos jeunes: maudite eau de vie. Cette eau de vie, ce tourbillon, c’est un cri, un appel, un déchirement. 2 espoirs seulement pour eux, ici: travailler en ville ou devenir soldat. C’est une  nouvelle génération désoeuvrée, de nomades emmurés, qui vivent dans la nostalgie d’un passé conté par les anciens, et d’une vie aujourd’hui qu’ils ne comprennent pas.

Nous sommes oubliés ici, et la vie, bien qu’on soit comblés par Dieu, est bien rude et misérable pour nos jeunes.

Après 7 ans consécutives de sécheresse, les plantes, les arbres meurent dans le Sahara. On a eu des années tellement difficiles! Beaucoup de sécheresse. Puis de misère. Certains, certaines, des enfants aussi, aujourd’hui encore dorment le ventre vide, tenaillés par la faim.

Nous sommes négligés par nos pères, oubliés par nos frères: figure-toi, pour se ravitailler, un camion doit se rendre jusqu’à Agadir, parcourant le pays une journée à l’aller, une journée au retour, la nuit seulement pour charger, cela 2 fois par semaine, afin de ravitailler le village en produits de première nécessité. Il y a parfois des intempéries, des tempêtes, des inondations et nous voilà vite privés de nourriture, d’eau, de ravitaillement. Lorsqu’un enfant nait ici, il faut compter plusieurs jours pour arriver jusqu’à la première préfecture et déclarer sa naissance. Souvent on trafique l’âge, pour retarder son  entrée à l’école. Pour qu’il aie l’air plus fort et robuste au moment de postuler à l’armée. Pendant ramadan, il y a quelques années, il a fait jusqu’à 60 degré… certains étaient privés de nourriture pendant 3 à 4 jours. Heureusement, des gens de coeur assuraient des patrouilles en 4×4, pour s’assurer que tout le monde etait nourri et hydraté.

Mais Grâce à dieu, Alhamdoulillah, tant qu’on est là, tant qu’on a de quoi manger, boire, tant qu’on a notre dromadaire et notre Sahara, on est heureux.

La vie, la vie, cette nouvelle vie, vois-tu, elle nous contraints. On ne demande rien. Seulement retrouver nos familles, revoir nos frères, réunir nos tribus, nos communautés, en partant comme autrefois, de la Porte du désert jusqu’à Timbouctou.

Retrouver notre mode de vie, retrouver notre dignité.

Maintenant, on me demande un passeport. L’administration.

 

Avec tout cela grâce à Dieu, nous sommes des Sahraouis et nous sommes comblés. Je suis reconnaissant d’avoir encore mon Sahara, même si je ne peux plus aller aussi loin qu’autrefois. Je vais avec mon Dromadaire jusqu’à Merzouga maintenant, je longe les frontières, puis je reviens… mais le temps du bonheur et du partage est fini. Enfin, rien n’est jamais fini, qui sait ce que les nouvelles générations vont construire.

 

Parfois je me sens seul. A cette époque de l’année figure-toi, on fêtait la fin de la saison des dattes. On célébrait le retour des caravanes du désert. Tu aurais vu ces dunes, teintes de tentes, de monde et de joies, tu n’en croirais pas tes yeux. Nous … on chantait, on dansait, on mangeait, on riait. On célébrait la vie, on célébrait cette bénediction d’avoir survécu à ces journées, à ces traversées sous un soleil de plomb, dans la nuit noire, dans ce désert impitoyable. On avait peur, on courait se nicher sous la tente tissée par nos mères, par nos épouses, et alors on se réfugiait auprès d’elles, fortes, rassurantes.  Ah les femmes, elles avaient un tel rôle autrefois! Aujourd’hui, les voilà confrontées à une civilisation qu’elles ne comprennent pas, qui ne la comprend pas; elle enferme ces puissantes femmes sous la classification d’analphabètes ou “non scolarisées’. Ou de tisseuses, ou de femmes artisanes. Elles se réinventent… mais à quel prix. C’est vrai, nous ne sommes jamais allés à l’école, mais nous les Sahraoui, on a appris à l’école de la vie. Et on aimerait en apprendre encore davantage. Mais c’est dur, si dur de les voir à présent emprisonnées sous ces tentes fixes, ou derrière les murs de cuisines ou d’usines, perdre peu à peu leur poids dans notre société. Elles aussi, désoeuvrées dans ce nouveau rôle qu’elles ne saisissent pas encore, ces nouvelles règles qu’elles ne comprennent pas tout à fait. La société n’est plus aujourd’hui en mutaton, elle est en perdition. Mais Dieu seul sait. Après tout, c’est peut-être de nouvelles générations, une nouvelle ère. Qui suis-je pour juger si c’est bien ou mal. Que Dieu me pardonne. J’observe, c’est tout.

Nos nomades doivent depuis 30 ou 40 ans se sédentariser. Contraints. Mais on ne s’y fait pas.

Nous marocains, sahraouis, africains, nomades. Nous ne sommes plus rien de cela. Et Nous sommes encore tout cela. Nous sommes nomades par Nécessité.

– Et puis quel choix nous a-t-on donné: tâcheron dans la ville ou soldat dans le désert?

 

Le vieux nomade a déjà rangé les boites de sucre, de dattes et de thé dans son sac de riz, puis range les couvertures et enroule le tapis. Il détache son dromadaire avec tendresse et une pointe de malice:

– Ah si tu pouvais parler, toi!

 

Et tous deux s’enfoncent dans la nuit épaisse, puis disparaissent dans l’obscurité. Mais l’on peut encore voir le vieux nomade et son dromadaire côte à côte, au loin dans l’horizon, entre le ciel et les dunes, au milieu de l’immensité, briller comme deux étoiles.

 

– “C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante”*. Le Petit Prince – Antoine de Saint Exupery