Lalla Aïcha, Lhajja Hnia et Mi Fatéma

Parfois les femmes, elles aiment bien faire des tas de trucs entre elles, des petit-déjeuners, des cafés, des après-midi… et sans blague, je sais pas encore comment j’ai atterri dans ce salon, parce que figure-toi, moi, j’aime pas du tout faire des tas de trucs entre elles. Mais alors pas du tout.

Bref. C’est l’après-midi. Je suis dans ce salon, au milieu de ces femmes et moi, j’ai déjà le cafard.

A ma droite une gamine de 10 ans en robe de princesse et babouches en strass, à ma gauche une autre de 13 ans en caftan le visage peinturluré, et on est sur une petite chaise un peu déglinguée, un peu à l’écart.
Les gamins et les célibataires, décidément, on leur flanque toujours une place de merde.

Plusieurs générations sont réunies là, autour de tasses de café, de verres de thé, de petits gâteaux et de cigarettes longues.

Bref. Une vieille tante vient d’arriver: elle est accueillie longtemps par des embrassades et des youyous, et pendant qu’elle pose son manteau, salue, sourit, parade, bisouille, elle gratifie chacune d’une blague, un rire, un conseil, une anecdote, ponctués de grandes gesticulations.

Elle se dirige vers moi. Je suis sur mes gardes.  C’est que je la connais bien cette vieille tante : à chaque fois, en guise de bonjour, elle me pince affreusement le bout du sein

Elle s’approche. Je me tiens raide comme un piquet.

Cette fois, elle me regarde et moi, sans blague, je suis prête à parer, mes mains partout pour protéger ce que je peux. Elle me fixe une seconde puis part d’un grand rire: elle finit par me coller un gros baiser bruyant et piquant sur la joue. Je suis soulagée. Je respire. La joue brûlante.

Elle fait un pas, elle me regarde, elle sourit.

Merde.

La main rapide comme l’éclair, elle me pince le bout du sein.

– ” Khellili lBzizlate”. Clin d’oeil.

A cet instant, moi, je te jure, je la déteste. 

Madame, enfin, est satisfaite de son entrée, du protocole respecté, de l’aura répandue, de l’honneur qu’on lui a fait et tout et tout. Elle prend place, l’air important. Mais très important, sans blague. A cet instant, c’est Margaret Tatcher qui s’assoit dans ce salon marocain.

Bref. Je vais pas tout vous raconter, et même que je vais aller droit au but. C’est que j’ai pas envie de revivre tout ça deux fois. Tu comprends.

Tu comprends?

Soudain, une voix jeune et contente s’élève dans la basse-cour:
– Mesdames, je vous annonce une grande nouvelle.

Silence s’abat brusquement.

– Je me marie!

Et tout de suite, voila ces dames, ces femmes, ces jeunes filles et ces enfants qui l’entourent entre chants, euphorie, furie et hystérie, dans un bourdonnement de félicitations et de youyous; certaines tombent dans les bras de leurs voisines, d’autres entonnent un puissant: Slaaaa o slaaaaam 3laaaa rassoul Allah!

Bref. C’est le bordel.

Puis enfin, l’essaim se dissipe. Elles se calment,  elles reprennent place et se resservent du thé.

Silence à présent. Différent cette fois. Comme si, après la bonne nouvelle, un fait terrible s’était subitement abattu sur toutes. Leur visage est pensif maintenant, de plus en plus grave. Le silence de plus en plus persistant. De ces silences qui parlent, pensai-je. Je peux presque entendre ce que murmure chacune tant leur silence est éloquent.

 

Une belle femme, la quarantaine peut-être, assurée, élancée, brise enfin l’instant pénible sur un ton docte:

– Moi, je crois qu’il faut partir du principe que le bonheur avec un homme va durer quatre ans. Après, ce n’est plus ni amour, ni bonheur.: que les défauts, les tracas du ménage, les emmerdes de ménage, le ventre gras, la bouche qui pue, l’ego, les petitesses, les bassesses, les tromperies, les trahisons, les faiblesses. Beurk, au bout d’un moment, tu es dégouté. Pars donc du principe qu’il faut être prête à le quitter. Moi j’ai trop attendu pour le faire et je le regrette. Au bout de 4 ans, et après avoir eu mes gamins, j’aurai du fiche le camp. Je revis enfin maintenant. Et pour rien au monde, je ne retenterai l’expérience du mariage. Haha, tfou! Quand j’y pense…! ce fichu ventre gras…!

– A 20 ans on rêve, à 30 on réalise et à 40 on se libère. Mais l’écueil, vois-tu, l’écueil, c’est qu’enfance insouciante, adolescence inconsciente, vingtaine irresponsable, trentaine angoissante et quarantaine… Bah la quarantaine, la décennie des désillusions. Je regarde autour de moi et entre leur 40 et 50, soit ils se détestent, soit ils font semblant de s’aimer.

– Dis-toi qu’il aura une double vie. Ils sont tous pareils. Au fond, des salauds pourris gâtés par leur mère. Tu crois que vous vous aimez?

Elle regarde avec insistance la future mariée qui est gênée, elle rougit, partagée entre une sourde résistance et la crainte que tous ces mots terribles puissent, en définitive, être vrais.

– Vraiment? Tu le crois?

Elle insiste, péremptoire, le sourcil haut, la lèvre affaissée et moqueuse.

– Ne me dis pas que tu es de celles qui croient à la fidélité? Et tu crois aussi qu’il va pas te tromper. Tu parles. ça, tu dois t’y préparer dès maintenant. Ne rêve pas. Je ne veux pas te décourager et c’est joli, l’amour. Mais tu es avec une espèce à part ici et il faut y aller armée, préparée. Ne pas être déçue, tomber de haut. Pense à toi d’abord.

– Moi, regarde, après 20 ans, il m’a quittée. Du jour au lendemain. Et il a tout pris. Sauf les enfants. L’ingrat. Le flemmard, c’est grâce à moi, sa fortune! Quand je l’ai rencontré, il n’avait rien, un petit salaire. Il était moche, et il ne savait même pas s’habiller. J’ai travaillé, je lui ai appris, je l’ai porté, puis petit à petit, il a fait fortune. Et il est parti avec. Et une jeunette qui veut bien s’allonger sur son affreux bide tout gras et son riquiqui qui lui sert à rien. Qu’elle l’aime, va! Si elle savait ce qu’elle récupérait…! Mais bien, bien fait pour lui. Elle va profiter de lui et elle a déjà commencé. Tiens-toi bien. Au troisième jour de leur rencontre, elle l’appelle et lui demande de le rejoindre dans une bijouterie. Il rapplique, elle lui plante un collier hors de prix sous le nez. Lui est tellement sonné qu’il sort son chèque, le signe et le tend à la vendeuse. Il a pas osé lui dire non. Hahaha! J’espère qu’elle va le plumer!

Je ne les écoute plus. Je les imagine à présent comme un tableau monstrueux, quelque chose du “Cri “. Je vois leur intériorité, leur enchainement, leur aveuglement, leur conditionnement, je vois leurs yeux révulsés, horrifiés, leur bouche grande-ouverte d’où s’échappent l’echo de leur cri, surgi de leurs parois, d’entre lointaines grottes et cavités de leur âme. Leurs paroles résonnent comme un hurlement primale et je peux entendre retentir l’effroi qui émane de leurs angoisses.

– Ne te marie pas.
– N’aime pas.
– Ne donne rien.
– Prends tout.
– Ne fais pas d’enfants
– Fais des enfants.
– Mets tout à ton nom.
– Crack ses mails.
– Lis ses messages.
– Hack son téléphone.
– Surveille-le.
– Tue le chat.
– Coupe la tête.
– Fais toi désirer.
– Attention aux célibataires.
– Attention aux femmes.
– Attention aux hommes.
– Trompe-le, de toute façon, lui le fera.
– Méfie-toi.
– Tu as une arme.
– Ton bijou contre des bijoux.

La malheureuse, la future mariée, je lui jette un regard compatissant: elle s’est fait toute petite maintenant. La voilà prévenue de tous les malheurs avant même que d’avoir gouté le bonheur.

 

J’ai envie d’être loin, disparaitre, presser les yeux si fort que je me téléporte ailleurs.

Je m’écarte de ces femmes et je vais m’assoir tout au fond du salon.

Dans le coin, 3 dames, 80 ans?, rigolent en  sirotant un café et tirant avec élégance sur leur porte-cigarette. Je me suis souvent demandée pourquoi les vieilles se retrouvaient toujours dans les coins des salons pendant une fête ou une réunion familiale. Elles me font penser à ces tours postées sur les coins d’un échiquier.

– Qu’est-ce qu’il y a? Elles t’ont cassé les oreilles? C’est vrai qu’elles sont fatigantes. Viens plutôt rigoler avec nous, va! Tu veux une cigarette? – Elle continue, l’air de rien: Ah la la, elles prennent tout au sérieux. A commencer par elles-mêmes.

Je suis sur le cul. Je veux dire, cette carcasse ridée, elle me propose une cigarette. Sans blague. Je sais pas quoi répondre et moi, déjà, je fais le hibou pour vérifier que ma mère n’est pas dans les parages. Et même loin, je te jure, elle est toujours dans les parages. Elle est pas là, mais tout de même, je peux sentir son pincement sournois à la jambe, et son regard qui te dit tout à toi, mais qui leur dit rien, aux autres. Je décline, un peu intimidée.

Celle qui m’a proposé la cigarette, c’est Lalla Aïcha. Une dame au maintien très noble en dépit de son âge avancé et un dos vouté. Elle a le visage fin tracé par des joues creuses, sa peau est tanée et ridée, et ses cheveux sel-et-poivre reluisants sont soigneusement retenus par une queue-de-cheval. Son naturel et sa sobriété lui confèrent quelque-chose d’une élégance exquise. A coté d’elle, Lhajja Hnia. Les joues joufflues et rosacées, les cheveux noirs de jais au carré, Lhajja Hnia porte des lunettes épaisses au milieu d’un visage rond, un peu laid, mais sympathique. Enfin, Mi Fatéma. Mi Fatéma ne parle pas, ne remue pas, son teint cireux est entre le jaune et le gris, et il a l’odeur de la fin. De la mort. De l’arrêt mécanique. La carcasse est là, elle est en place, mais à l’intérieur, les fils sont court-circuités et le moteur définitivement arrêté. Je frissonne.

Bref.

– Tu sais, je suis née au milieu des années 30. Ah la la que c’était dur, cette époque! Le mariage, je veux dire. Je me suis mariée très jeune, je devais avoir 15 ans je crois. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai été mariée à un homme extraordinaire. C’était comme au loto à l’époque. Tu ne savais pas sur qui tu pouvais tomber. Avec Lhaj, c’est plus de 60 ans de vie commune. Mais ça n’a pas été facile au début. Ni après. Ni jamais d’ailleurs. Ahhhh Lhaj. C’était toute une éducation à refaire, des libertés à gagner… et quelques duperies de bon coeur par-ci par-là.

– Tu te souviens… le jour de la cigarette?

– Ah! Que je te raconte, petite! Allez rions un peu. Hein, Mi Fatéma? Avec mes cousines, on avait commencé à fumer en cachette. J’étais déjà mariée avec Lhaj. Et puis j’en ai eu marre de fumer en cachette de Lhaj. Wa Khlass! Baraka, je n’avais plus envie! Un jour, on discute avec Lhaj quand l’air de rien, je sors une cigarette de mon sac et je l’allume. Lui est tellement abasourdi qu’il continue de parler, mais avec de grands yeux. Hahaha, oui littéralement abasourdi.  Il s’interrompt soudain et me demande: mais… qu’est ce que c’est que ça? Je lui réponds: Lhaj, j’étais chez le médecin hier: il a dit que ça soulagerait mes maux de dents! Aie aie ya Lhaj, mes dents, chekouallah, une douleur infernale, je n’en peux plus de souffrir! Haha cette expression sur son visage, et “ah bah, le médecin… si c’est le médecin”. Allah y sme7lya. A l’époque, on était encore ignorants et on était prêts à croire à tout. Haha c’était l’époque de Okay Okay Come on bye bye! hahaha! Il a continué de me regarder avec ses grands yeux mais n’a rien dit. Un jour, il a eu mal aux dents: il m’a demandé une cigarette, hahaha! Depuis, on fume ensemble. Ah la la, ahhyani ya Lhajja Hnia…!

Je pense aux ingénues libertines. Cela leur sied si bien. Les 3 Ingénues. Les ingénues grabataires. Je ris.

– Et tu te souviens, le jour de la bière…! Hahaha!

Mi Fatéma sursaute, sourit et s’écrie:
– Oui, oui, le jour de la bière!

Puis elle s’éteint de nouveau et se replie dans le silence vague de son monde intérieur.

– N’est-ce pas, Mi Fatéma? Tu t’en souviens de ça, hein?, elle demande, affectueusement.
Lalla Aïcha poursuit: – On avait planqué des bières. Mon Dieu quand j’y pense, quelles folles on était! Figure-toi petite, un jour nous avions du monde à la maison et l’alcool circulait entre les hommes. Parfois, avec les cousines et les copines, on en versait dans le jus ou alors on finissait les fonds de verre, avant la vaisselle! Un soir, on a chipé des bouteilles de bière et on les a planquées sous la nappe de la table à manger. Hein, Mi Fatéma? Tu te souviens de ça? Dès qu’ils avaient le dos tourné, hop une rasade! Hahaha, combien de fois on a failli se faire prendre… on a fini pompettes… à chanter Lhajja Hamdaouia… en cachette! Haha l’âge d’or de l’Aïta. A l’époque ils ne se doutaient de rien encore, nos hommes. Puis un soir, on s’est fait prendre. Tu te souviens de ce soir-là, ya Lhajja Hnia? La main dans le sac! Par Lhaj! Wili wili! Heureusement, Lhaj était gris lui aussi et finalement, après m’avoir regardé surpris, il a ri. Il a pris la bouteille, en a bu une lampée, puis me l’a tendue. J’étais éberluée. Je me voyais déjà trainée dans la honte et l’opprobre.
Nous avons eu beaucoup de chance. Et de patience. Toutes les trois. Hein, Mi Fatéma? Ne crois pas que c’était si facile, petite. Ni mieux. Il a fallu se battre, supporter l’insupportable. Je me suis battue pour me libérer, mais je n’y serais jamais arrivée si mon homme ne m’y avait pas aidée. La liberté, c’est ensemble. Homme et Femme. Pas l’un contre l’autre. Ce n’est pas matériel non plus. Je suis tellement triste quand je constate qu’un jour consacré aux droits de la femme est devenu une fête vénale, pleine de fleurs, de promotions et de guimauve. Je suis en colère de voir toutes ces bigotes “new age” comme dirait mon arrière petite-fille, s’interdire et interdire autour d’elles. Amusez-vous voyons! J’ai connu 3 rois, des révoltes, des révolutions et des mondes différents mais les humains, eux, au fond, ne changent pas. Mince, amusez-vous donc avec naïveté et innocence. Hommes et femmes. Soyez plus simples, voyons! Soyez simples. Hein, Mi Fatéma? N’est-ce pas, Mi Fatéma, qu’il faut être plus simple?

– Ah non, non, ça va pas du tout ces gamins. Pas du tout. Bon, on va pas te barber ni te faire la morale petite. Ce n’était pas mieux avant, va pas croire: chaque époque a ses défis, a ses habitudes, ses névroses, ses divertissements… Je dirais même, yak a Lalla Aicha, que coté pratique, c’était pire avant. Coté droits, éducation, liberté. Vous avez tant entre vos mains. Il faut construire avec, pas détruire.

 

Mi Fatéma est silencieuse. Elle les écoute parfois avec attention, puis soudain, elle s’absente, son regard devient vitreux, ses joues se creusent, le corps au présent et l’esprit au passé. Lhajja Hnia a du remarquer mon regard insistant car elle enchaine aussitôt:

– Mi Fatéma. Elle souffre d’Alzeimer. Ah! quelle femme! Son mari avait un modeste emploi et elle a trimé pour élever au mieux ses 8 enfants. Parfois, je me demande si elle n’a pas eu ce fichu Alzeimer pour oublier qu’elle avait tant aimé son mari. Il est mort il y a 5 ans. De vieillesse. Un très beau couple. Si tu la voyais, dans ses beaux tailleurs qu’elle confectionnait elle-même… Hein, Mi Fatéma? N’est-ce pas?

– Toutes les trois, on a eu une chance infinie. Mais cette chance, on l’a construite.

– Je les écoute parler, ces femmes, et je me dis, Mon dieu, qu’a-t-on fait de nos enfants et nos petits enfants: à croire qu’on a déversé sur eux toutes nos frustrations, nos angoisses et nos tares, mais démultipliées.
– Peut-être qu’on vous a mal élevés. Les filles, les garçons. C’est même certain, quand on voit les hommes et les femmes qu’ils sont devenus. C’est l’échec d’une société, mais d’abord celle des pères et des mères.
– Mais peut-on les juger après tout? peut-on nous juger?

Mi Fatéma interrompt soudain ses deux compères et entonne dans un soubresaut joyeux:
– “Hiya hiya
jaya tsfar o tkhdar
hiya hiya
lay7a ssalef 3la li zar
hiya hiya kanet m3cho9a f nowar
ymchi w yji f hajtou m9dia jelloul”

Lalla Aicha et Lhajja Hnia rient et l’accompagnent dans le chant, puis dans un tas d’autres chansons paillardes et grivoises que je découvre médusée. Et amusée.

Enfin, elles s’arrêtent de chanter et Mi Fatéma replonge aussitôt dans sa léthargie. Lalla Aicha me tend de nouveau son paquet de cigarettes, avec élégance, dans un mouvement suspendu dans l’air et le temps, sa main brune et ridée légèrement tremblante. Je n’ai pas le temps de faire le hibou que déjà, ma mère me tire par le collet. Elle salue faussement ravie mes mauvaises fréquentations, le sourire crispé et le regard inquiétant. Quel dommage, j’ai à peine le temps de les prendre dans mes bras!

En rentrant ce soir là, j’ai repensé à cet après-midi. Il y a cette phrase que j’ai lue dans Anna Karénine et qui a trotté dans ma tête toute la journée. Je ne m’en souviens pas précisément. Je crois que c’était quelque chose comme: Les gens heureux se ressemblent; mais à chacun sa façon d’être malheureux.*

Et soudain, moi, j’ai envie de prendre tous mes petits bonheurs, mes petites naïvetés, mes petites ingénuités bien fort dans mes bras et courir loin, loin.

 

 

 

Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon.

Anna Karénine – Léon Tolstoï

 

 

4 thoughts on “Lalla Aïcha, Lhajja Hnia et Mi Fatéma

  1. Ahlem B fait de sa vie et de ses multiples résonances le laboratoire d’expérimentation d’une œuvre à accomplir comme une mission sacerdotale:exprimer le monde qui l’habite en libérant toutes ses voix intérieures … Elle y consacre inlassablement toute son énergie et son talent à la création d’une œuvre à accomplir ,à son image d’attrayante beauté…

Comments are closed.